Carnet d’une drôlesse du Port de la lune

CHANTAL GALIANA : une artiste à découvrir

http://chantalgaliana.jimdo.com/

Au départ il y a eu ce que l’on peut appeler des lectures musicales.

Et puis un soir, Clotilde Ramondou m’a demandé de participer à une veille

de soutien au Théâtre Paris-Villette.

C’était un peu improvisé, un peu «au dernier moment» et les musiciens n’étaient pas libres. Alors j’ai choisi quelques textes, j’ai pris mon ukulélé et j’y suis allée seule. Là, au premier étage, dans une petite salle qui ressemblait plus à un salon qu’à un théâtre, j’ai raconté mes histoires de drôlesse … et ce fut magique.

Certaines personnes étaient de ma génération, d’autres non.
Peu, ou même pas du tout, du même milieu ou de la même région. Mais pourtant toutes mes histoires de drôlesse leur parlaient et leurs propres souvenirs surgissaient. Peut être parce que derrière les mots il y a quelque chose de plus universel qui s’appelle tout simplement l’enfance. Ce soir là, je me suis dit que le mot «veille» ou «veillée» correspondait à ce que je faisais et à ce que j’aimais et que la solitude dans laquelle j’étais favorisait la complicité et l’échange.
Alors j’ai continué à raconter et à chanter en solo sans décors sans rien juste un éventail, une petite boite à musique et un ukulélé…

A l’issue des représentations il peut y avoir des rencontres et même des ateliers.

N’hésitez pas à me contacter pour me soumettre vos désirs et vos idées.

 

 

Le spectacle de Chantal Galiana s’inscrit d’aise dans Calendes, une manifestation qui ouvre les portes du temps des sucres d’orge de l’enfance aux remparts de la mort. « Quand j’étais petite, je m’appelais Paquita. J’avais été enlevée par des bohémiens. Un jour, je me suis sauvée à Séville car je rêvais de devenir ballerine… » Ainsi commence l’histoire de Chantal Galiana ! Les fillettes comme les petits garçons s’inventent des univers construits sur des rêves. L’imagination est un fruit qui mûrit de jour en jour sur les branches de l’arbre de l’enfance nourrie de naïveté et d’effronterie.
Si les contes d’Andersen ou de Perrault invitent à rencontrer des personnages extraordinaires, ceux qui peuplent le petit monde de Chantal Galiana ont réellement existé et ouvrent des appétits de découvertes racontées avec ses mots et ses images. L’enfance de la conteuse est une illustration de personnages hauts en couleurs vêtus d’anecdotes savoureuses. Une jeunesse bordelaise bercée par les visites de la tante Paulette la coquette, les jours fériés passés chez la grand-mère communiste à Bègles, le coucou du dimanche à l’autre grand-mère fleuriste de rue à Bordeaux. Une vie de quartier, partagée avec l’œil d’une gamine insouciante et assoiffée de nouvelles rencontres. A chaque portrait, s’accrochent des détails subtils, lesquels se déploient sur un éventail de moments de vie inoubliables.
Dans les yeux de l’artiste défilent des visages, celui du cordonnier qui lui donnait ses premiers cours d’espagnol ou ceux des copines de classe qui s’affichent comme sur une photo de classe de fin d’année. La narration est vivante, rythmée, colorée. L’innocence et l’imagination de Princesse Ysengrin réveillent des souvenirs qui se transmettent de parents à enfant comme des virgules de bonheur.
Philippe Delhumeau –  Théâtrotèque JUIN 2014